26 septembre 2007
Quelle vie de merde!
Tout est dans le titre.
22 septembre 2007
Instants présents
J'aime beaucoup décrire les instants présents, ce que je peux vivre en temps réel, mes impressions, mes ressentis. L'intérêt de ce blog aussi est de pouvoir écrire presque en temps réel les épisodes successifs d'une existence somme toute banale mais particulière à ses propres yeux.
C'est peut-être parce que je ne suis pas très à l'aise dans mes chaussures justement que je tente d'essayer plusiers modèles avant de trouver la bonne (@toon ;) ), quant aux magasins, je fais ce que je peux. Certains sont ouverts le dimanche, c'est plutôt pratique et en plus je ne fais pas partie des gens qui revendiquent le repose dominical le dimanche (pléonasme), suis assez open sur ce sujet. Je suis jamais encore tombé amoureux d'un vendeur, heureusement. Je ne dis pas non plus que je n'ai jamais essayé un vendeur! Et puis à écrire tout cela, j'ai peur encore qu'on me qualifie de salope, de gueuse ou de Reine. Alors que je suis tout le contraire, j'aime les plaisirs mais je tends maintenant à en profiter avec celui qui saura me les donner et réciproquement.
Et puis surtout, j'en ai un peu assez de parler toujours de ce sujet; donc à partir de maintenant, c'est fini, je n'en parlerai plus. Sauf s'il s'agit du Grand Amour. Mais bon, je suis très bien tout seul, non ?
21 septembre 2007
Une gueuse
Je n'ai donc pas répondu au short message d'hier soir, j'ai fait le mort. En fait, je n'avais rien à dire de particulier. J'avais plusieiurs choix : soit je répondais que ça allait, mine de rien, et c'était stupide. Soit je répondais que "oui ça allait mais qu'on ferait d'en rester là", et on ne dit pas des choses comme ça par sms. Soit je ne répondais rien. Le silence parfois étant éloquent. Je n'ai reçu aucun autre message aujourd'hui. Et c'est beaucoup mieux comme ça. Et puis, je ne vois pas pourquoi je devrais me chercher des excuses, si ça colle pas, ça colle pas, après on se connaissait depuis très peu de temps. J'ai dû m'emballer encore un peu trop vite, comme d'habitude. Mais maintenant, c'est clair, je vais me calmer.
Quelqu'un m'a dit aujourd'hui que j'étais utopiste.Et bien oui, et je le revendique. Je ne vois vraiment pas pourquoi il serait interdit d'espérer et pas uniquement d'utopie mais des rêves les plus beaux, pour atteindre le meilleur.
Ce soir, c'est week-end, il me tardait d'y être. En même temps j'ai trouvé que cette semaine était passée assez vite, tant mieux. Je trouve mes journées longues en ce moment, je manque d'énergie et surtout de punch, de niaque, de rage. Je me fritte un peu trop avec mes collègues mais y'a trop de choses qui m'agacent alors maintenant, je réponds. Je suis sans doute un peu tendu en ce moment, il va falloir que je fasse un peu plus de PNL, je vivrais mieux. Mon intelligence émotionnelle en prend un sacré coup. Beaucoup trop de pensées automatiques et un peu de manque de maitrise de soi. C'est mal je sais mais bon, je n'y peux pas grand chose là.
On m'a rappelé aussi que j'étais une gueuse, mais ça n'a aucun rapport. C'est juste pour dire. Certains comprendront. On verra demain.
20 septembre 2007
Il est très beau
J'ai dû fermer mes volets pour dormir car il y avait trop de lumière dans l'appartement, il a fallu tirer au maximum les deux battants pour qu'aucun rayon ne puisse traverser la pièce, changer l'intensité de l'éclairage bleu de mon radio-réveil puis le mettre sur le cadran pour que la lumière de l'écran ne soit pas trop forte pour éclairer la pièce, jeter le premier café pour en refaire un parce que le premier n'était pas assez serré même s'il était sur la position la plus serrée, ne pas pouvoir mettre mes jambes autour de la sienne ou prendre la sienne autour des miennes.
Dès que le réveil sonne, il se lève, il ne peut pas rester couché. Moi, il me faut 2 réveils, je repousse de 9 min en 9 min mon lever, je vais me faire un café ... allongé (le café), que je vais boire adossé contre le mur, appuyé sur 3 coussins, dans mon lit, chaud, le lit et le café, doucement pour laisser mon esprit et mon corps prendre conscience que je suis réveillé, écoutant le bruit de la ville qui se réveille, de mon univers quotidien qui se met en place, les volets sont ouverts, il me faut du jour. Il fait toujours jour même quand il fait nuit.
Alors, c'est trop brutal pour moi, sans doute très différent mais puisse cela me correspondre ? Je ne crois pas. En tout cas, je n'ai pas envie de faire d'efforts. Pas là.
Il est vraiment beau, son corps est parfait. Sa peau est douce. Ses baisers et ses mots, doux. Mais je n'ai pas de feeling, même pas envie de lui faire l'amour. A quoi bon?
Je suis vraiment le plus grand des naïfs à croire qu'IL sera le bon mais je ne sais quel blocage il peut exister pour que ça ne se fasse pas. Je ne crois pas être si compliqué pourtant.
Je veux seulement des choses simples, naturelles, qui me correspondent, avec des regards, des mots simples mais justes, une oreille qui écoute et qui retient. Mais ce n'était pas encore là.
Un jour peut-être?
PS : mon téléphone vient de vibrer : "ça va toi?". Hum, je ne sais pas quoi répondre ...
19 septembre 2007
L'impasse et l'ouverture
J'avais envie de parler de deux sujets ce soir, un qui reste plus une réaction fasse à l'actualité, attitude qui n'est pas une habitude dans mes divers posts et l'autre beaucoup plus personnel, qui me fait repenser à ce que j'écrivais au tout débuit de l'ouverture de ces pages, entre fiction et réalité. Et comme j'aime laisser un doute, je laisserai chacun se faire sa propre idée, entre le rêve et la réalité.
"L'impasse", oeuvre de Lionel Jospin et le procès sans appel qu'il fait de la candidate à la dernière élection présidentielle. Lui qui a également été dans sa position de leader de tout un parti puis au-délà, de sympathisants et enfin de simples concitoyens croyant à ses valeurs, pour la nation, pour l'avenir du pays. Et qui par fierté et orgueil a abandonné en pleine croisade, laissant place à l'alternative qu'on a vécue, avec un score sans précédent. J'étais alors assistant parlementaire à l'époque et je me souviens de toutes ces soirées dans les petites villes de la circonscription où des militants depuis 30 ans n'avaient pas d'autre choix que de donner leur voix au candidat qu'ils avaient combattu avec tant de force. J'ai vu des gens en larmes, des personnes tristes, perdues, sans leader, sans racine et otages du temps et des circonstances.
Mon message est simple, il n'est pas de juger mais de donner mon sentiment. Qu'on soit contre ou qu'on soit pour, qu'on adhère ou pas aux idées politiques, je trouve regrettable qu'un acteur jadis leader d'un courant, puis bafoué par lui-même et ayant pris les responsabilités de ses actes, reviennent par la grande porte et se permette de juger une candidate pour qui plus de 17 millions de français ont donné leur vote à l'élection de l'investiture suprême. Et ça pour moi,c'est de l'irrespect, quoi qu'on pense, c'est ne pas considérer toute une partie des citoyens. Alors bien sûr, je ne connais pas encore le contexte et j'attendrai de lire le livre en entier et j'espère alors modérer mes propos, je me méfie de ce que la presse rapporte mais ce que j'ai pu lire me choque. Alors que dans n'importe quelle contexte, nous devrions garder nos forces pour construire plutôt que de démolir. Alors je lirai et je donnerai mon avis, après tout, ce lieu d'expression est le mien et ouvert à tous. A suivre ...
Pour ce qui est plus personnel, je ne m'étalerai pas ce soir, j'attends. Juste que je n'ai pas trop envie de dévoiler avant de vivre, pour de rien dénaturer, pour profiter au maximum. Mais j'ai hâte.
Je parlerai sans doute demain de cela, énigmatique pour ce soir.
En attendant, je vais plonger dans une immersion musicale, la musique a ce pouvoir qui vous envahi sans aucun contrôle, tout juste avec un peu de maitrise. Et que c'est bon alors de se laisser aller.
18 septembre 2007
Journal intime ?
N'y-a-t-il que les pensées les plus intimes et personnelles dans ce blog? Il n'a d'ailleurs pas été annoncé comme tel à sa genèse mais plutôt comme récit partagé entre le réel et la fiction, une sorte de déversoir de pensées, d'idées (parfois), de réflexions, d'espoirs, de craintes, d'envies. Le profil de certains blogs qui se déclarent comme des journaux intimes ne le sont plus vraiment, le lectorat grandissant au fil du temps, l'auteur se réserve un peu plus et pense plus à ses lecteurs qu'à son écriture intime, le travail psychologique inconscient se perd un peu dans une démarche superficielle. A terme, le paraitre prend le dessus sur l'être. Et c'est vraiment dommage.
A mes yeux, il serait tellement plus précieux de parler vraiment de soi, de ses ressentis les plus personnels, de ses émotions profondes, apprendre à les décrire et à les accepter. Car les formaliser c'est déjà les accepter. Ne jamais rompre la communication.
J'écris ce post justement parce que ces derniers temps j'ai oublié de me lâcher. Notre vie sociale nous oblige trop souvent à nous contenir, à nous retenir, à nous maîtriser. Mais ici, je dois être moi. C'est sans doute moins intéressant mais c'est pour moi.
C'est une démarche personnelle aux yeux du Monde. Mais l'individu est seul face au Monde donc je ne cours aucun risque, ma sphère est très restreinte.
Alors, parlons vraiment de nous.
16 septembre 2007
Pétard mouillé
Une soirée avait lieu en mon honneur (et oui, ça arrive) chez mon meilleur ami pour marquer une année de plus ou de moins, je ne sais plus trop. Outre le fait que ça déprime un peu de voir s'accumuler les briques du temps, qui finissent par consolider le mur de la vieillesse, quotidiennement rappelée par le ciment que je m'étale tous les matins pour reboucher les fissures chaque jour plus creusées, il est de tradition de souffler un ou plusieurs bougies à cette occasion. Mon meilleur ami m'avait précisé avec tact qu'en une semaine, il n'était pas possible de commander autant de cire en si peu de temps, même en surpayant les apiculteurs de France et de Navarre. Ce fut donc sur le gâteau les chiffres 1 et 8 pour marquer mon âge (x2), la cire fut économisée, mes poumons aussi, tout le monde fut content.
Toon raconte avec talent dans son blog (http://toonsworld.free.fr/blog/index.php?post/2007/09/16/En-bref-et-en-vrac) le scenario envisagé par l'équipe pour l'effet "cadeau". Rien ne s'est déroulé comme prévu. Un autre scenario s'est donc mis en place, improvisé et qui marquera cette soirée. Grâce à mon cadeau, je pense que je vais adopter une nouvelle créature mais tout cela reste confidentiel, j'en parlerai plus tard, sans doute.
Cette soirée était aussi l'occasion pour moi de remettre mon "titre" de Gueuse au Uno en jeu. J'attendais avec impatience, cela fait presque trois semaines que j'étais réduit à la crassure et au mépris, il était temps de retrouver un rang honorable dans une société codée par le luxe et l'argent. Sauf que le destin a voulu que je sois à nouveau dernier de tous les scores et par conséquent garder mon titre et tout ce qui va avec. Monde injuste et impitoyable, m'apporteras-tu un jour la gloire et le succès?
Je devfais encore servir la Reine, la 1ère Dauphine, la 2de Dauphine, même la bouffonne. C'est vraiment pas juste.
Voilà, enfin tout cela pour dire, et ce n'est pas religion, qu'il est bon d'avoir des amis autour de soi, de rire, de se tirer les cheveux mais de s'aimer, tout simplement et de se respecter.
Pour moi, ils sont importants.
15 septembre 2007
Réveil douceur
IL flotte comme une ambiance calme et sereine ce matin. Je me réveillais lentement, avec cette sensation inconfortable de me demander où j'étais, encore un peu dans mes rêves de la nuit, il m'arrive souvent d'avoir cette sensation. Je me suis demandé si j'étais plutôt dans l'appartement dans lequel j'ai vécu les vingt premières années de ma vie, dans l'école primaire dans laquelle nous habitions. J'ai tellement aimé cet appartement, il en a tellement vu, en même temps en vingt ans, heureusement. Il a connu les toutes premières années d'enfance, les crises de larmes, les jeux inventés, les séances d'écriture dans mon journal de bord à mon grand bureau, la vie de famille à quatre, puis à trois, mon frère étant parti, puis à deux, mon père étant à son tour parti, les années de douleurs avec maman pendant la séparation, les insultes et les menaces. J'étais le témoin, bien malgré moi. Je n'ai rien demandé, c'est sans doute resté un peu en moi même si c'est maintenant digéré. Je pense néanmoins que les blessures d'enfance ne se referment jamais complètement, il reste toujours une marque.
Bref, après avoir pris conscience que j'étais bien dans mon appartement actuel, j'ai pris contact progressivement avec mon environnement, et avec la sensation agréable de profiter du confort et de la sérénité qu'apportent ce lieu, aproprié et personnel. Il suffit de pas grand chose pour se dire qu'il existe de petits bonheurs tout simples parfois et qu'on ne les regarde sans doute pas suffisamment pour relativiser quant aux grandes douleurs du monde.
Je peux ressentir cette même sensation de paix, disposé à écouter une musique en adéquation avec mon esprit du moment, un Ave Maria de Schubert, ou de Gounod, bien qu'adapté de Johann Sebastian Bach, la pureté de la voix me fait toujours chavirer. Je me rends compte d'ailleurs que c'est beaucoup plus avec la musique classique que je peux vraiment vibrer, j'entends les vibrations, les variations, mon oreille semble plus aiguisée. Je dois garder cela du conservatoire ou des études de musicologie, c'est sûr qu'on n'a jamais arrêté d'analyser, de décrypter, de comprendre et d'écouter, d'apprendre à écouter. Quelle profondeur!
Je peux retrouver la même émotion, sans voix, comme dans une pièce de Bach, Cello Suite n°1 in G par exemple, classique mais profonde. Dvorak reste un coup de coeur en ce moment, moins abordable mais extrèmement puissant. Ecouter La Symphonie du Nouveau Monde, le contraste des nuances est saisissant.
Mais une des valeurs sûres pour moi reste le Requiem Op.9 de Maurice Duruflé, Pie Jesu par exemple. C'est sans commentaire tellement l'émotion est forte.
Je vais continuer la journée, en attendant le plaisir de revoir mes meilleurs amis ce soir, il me tarde. Un seul regret, ne pas voir I. ou F. selon qu'il s'agisse de son nom d'artiste ou de sa private life. L'invitation a été tardive et réfléchie, il ne sera pas là. Je ne le connais pas vraiment en même temps, y'a pas de quoi en faire un fromage (il n'empêche que j'y pense). Mais bon, je suis un romantique, quoi qu'en disent mes détracteurs. Et surtout, un idéaliste. Cela doit expliquer en partie mes peines et déceptions.
13 septembre 2007
Amertume
Je voudrais peindre le ciel de sang,
Lui arracher sa peau blanchâtre trop lisse
Qui pèse sur les arbres comme le marbre des cimetières
Et crève mes yeux de lumière.
Les arbres condamnés au déguisement
Se feuillent d’or, de rubis et de rouille
Pour mettre un peu de couleur à mes sentiments
A l’heure où les pelouses verdissent de trop de larmes versées.
Quel est son art sinon la mélancolie
Pour se traîner en lambeaux comme un fantôme fade
Sur le bleu de l’amour,
Sans jamais y avoir été invité?
12 septembre 2007
Sauver le Monde
Pour la gloire…
«Ce sera moi!» Cria Dennis, en s’élançant de toutes ses forces sur le parcours d’obstacles qui se dressait devant lui. Mais Thierry le jeune français, et Jenny l’Australienne n’étaient pas de cet avis.
Le directeur, un cigare à la bouche, regarda le groupe de quinze hommes et femmes courir à perdre haleine sur ce parcours militaire. Personne n’arrivait à la cheville de ces trois là qui se détachaient; ils distançaient le groupe de plusieurs dizaines de mètres à chaque nouvel obstacle.
Aux échelles, Dennis avait une enjambée d’avance sur ses deux adversaires principaux, mais il fut rattrapé à la course menant au second obstacle: un saut de haies. Là il mit à profit ses grandes jambes pour distancer d’un mètre le Français et l’Australienne, qui luttaient l’un contre l’autre d’un côté, et ensemble contre Dennis de l’autre. Dennis lui n’avait qu’une chose en tête: conserver son avance. Il savait que ce
serait lui!
Arrivés au lac, les trois jeunes athlètes plongèrent et nagèrent. Ils sortirent de l’eau presque en même temps, les autres concurrents ne faisaient vraiment pas le poids! Maintenant il fallait grimper à la corde, et là, la jeune femme ne put rivaliser longtemps. Elle perdit trois mètres sur ses deux adversaires qu’elle récupéra bien vite au parcours d’équilibre. Vint le mur à franchir à la force des bras, puis le saut de
deux mètres. Enfin la dernière ligne droite se présenta. Ils sprintèrent chacun de toutes leurs forces, mais Dennis finit premier, Thierry second et l’Australienne troisième; le directeur avait oublié les autres participants, tout épaté qu’il était par ces trois forces de la nature.
Il avait les larmes aux yeux: c’était un américain qui allait partir en mission!
Après s’être douché, Dennis frappa à la porte du bureau du directeur. Et entra.
- "nous avons à parler Dennis, ne tournons pas autour du pot, tu seras chargé de sauver le monde, et je suis fier que ce soit toi, un Américain, qui ait été élu pour cela!
- sauver le monde? S’écria Dennis? Quand la NASA fit venir ses meilleurs astronautes pour une mission hors du commun de plusieurs années dans l’espace, je ne pensais pas qu’il s’agissait de cela!
- et pourtant! Il y a un an, des physiciens de l’institut de recherche en astrophysique ont découvert une météorite de plusieurs centaines de kilomètres de diamètre, se dirigeant tout droit vers la terre. Après un consensus des chefs d’états de grandes puissances, le monde décida une alliance économique d’envergure. La NASA a tout de suite été alertée et s’est vue débloquer des fonds colossaux pour boucler en un an une fusée monoplace, capable de voyager plus de dix ans dans l’espace, de contenir suffisamment de nourriture pour qu’un homme y survive, et qui soit assez solide pour aller bien plus loin qu’il n’ait été donné à un engin motorisé de le faire jusqu’à présent. Des savants du monde entier sont venus au centre spatial nous prêter main forte. A une telle distance le guidage depuis la terre est trop incertain, nous avons donc besoin d’un pilote. Nous avons convié les astronautes les plus performants à participer à ces tests psychologiques et physiques que vous avez passés jusqu’à aujourd’hui, afin de trouver l’homme de la situation; nous n’avons pas droit à l’échec, il en va de la survie de l’humanité Dennis! Le monoplace que vous conduirez contiendra suffisamment d’armement nucléaires pour réduire en miettes l’astéroïde; ensuite vous rentrerez. Le voyage va durer cinq ans pour l’aller et cinq pour revenir! Imaginez la gloire qui rejaillira sur vous et sur nous à votre retour: le sauveur de l’humanité!
-Le sauveur de l’humanité… répéta Dennis, qui finalement s’était refroidi de son grand enthousiasme».
A 10h00, 12h00 14h00, 16h00, 18h00, 20h00, 22h00 et minuit, en direct, chacun des chefs d’états de chacun des pays du monde faisait une allocution télévisée, radiophonique (et holographique pour ceux qui avaient les moyens) pour expliquer la situation dramatique imposée à la Terre, et la solution trouvée par le Monde pour la résoudre. La fin du Monde allait être enrayée par un homme d’exception.
Ce fut une foule immense, faisant une immense ovation qui accompagna le sauveur du monde jusque sur le quai de l’astroport, un mois plus tard, lorsque Dennis dût grimper dans son monoplace.
Dix ans plus tard il revenait. Tout s’était déroulé comme prévu. Dennis, las et fatigué de sa solitude, après avoir à moitié sombré dans la dépression nerveuse, avait tenu dix années durant, pour la gloire et la reconnaissance. Il connaissait son stock de bouquins par cœur, avait laissé pousser ses cheveux pour les tresser finement, fait un château en pots de yaourt, recopié trois fois la bible, et écrit six bouquins.
Du haut de l’astroport, il voyait une foule immense de personnes qui attendaient:
«Tu es le meilleur on t’aime!» disaient de grandes banderoles, brandies par un attroupement considérables d’hommes et de femmes.
« -tout ça pour moi!» Pensa Dennis, «le sauveur de l’humanité! J’ai sauvé le monde!»
Le monoplace atterrit, la porte s’ouvrit, et un homme en costume était là (accompagné de quelques médecins) pour accueillir Dennis:
« Monsieur Dennis Malone? C’est un honneur de vous recevoir! Comment vous sentez vous?
- je suis en lambeaux, répondit-il, le dos voûté et le regard terne, mais, tous ces gens attroupés, il faut leur dire que je suis là. J’ai besoin de voir du monde!
-C’est-à-dire… je dois vous expliquer quelque chose: trois ans après votre départ nos physiciens ont repris les calculs de trajectoire de l’astéroïde, pour préparer un autre moyen de régler le problème si jamais vous échouiez; ils s’aperçurent qu’on s’était trompé dans les calculs, et que l’astre mort passerait à plus de trois cent cinquante mille kilomètres de la terre, sans même entrer dans son champ de gravité (à cause de la vitesse). Cela fut annoncé au monde, régla les crises économiques qui avaient découlé de cet événement, et vous êtes tombés dans l’oubli en quelques semaines.
C’est un grand chanteur, venu des colonies lunaires pour une tournée mondiale que ces gens attendent sur l’astroport. Il ne va pas tarder à arriver…»
