Contrastes

Rain & sun : contrastes anamorphes

01 mai 2008

Etre et paraître

Le titre de ce blog a rarement été aussi juste qu'en ce moment, dans les circonstances actuelles.
J'ai toujours admis que les contrastes ne pouvaient que nous aider à nous construire, à nous élever plus haut encore, que chaque coup était une nouvelle épreuve pour nous renforcer un peu comme les bactéries sont nécessaires à notre organisme pour nous protéger. J'ai toujours été conscient de la profondeur des contrastes pour voir et comprendre les nuances, les reliefs. J'ai un profond sentiment de décalage croissant avec le temps entre l'être et le paraître, cette inévitable nécessité de jouer pour éviter de s'étourdir, de chavirer, de tanguer et de sombrer. Je joue beaucoup, socialement. Je trouve cette force.Je joue l'acteur. Mais je ne suis pas. Et cela blesse.
Je tente de gérer au mieux mes émotions, au fil du temps et avec l'énergie que je peux avoir pour les gérer. Mais je m'étourdis.
J'ai traversé Paris cette nuit, il est tard, le contexte de la nuit dans une grande métropole comme Paris est tellement différent de la journée, le public n'est pas le même, l'alcool étant prédominant et montrant ainsi une face beaucoup plus sombre et noire que la journée. Les maux sont lâchés la nuit.
J'ai relevé mon col alors que le vent froid cinglait mes joues, je repasse non loin de mon dernier lieu de vie, encore emprunt des odeurs affectives et à un coeur qui saigne, malgré lui. Les images que je garde et qui, tel l'oeil de Caïn me suivent, sont difficiles à appréhender. J'ai beau tenté de me faire une raison et de prendre acte, les émotions restent encore parfois très présentes, à la fois rassurantes quant à ma capacité d'aimer et en même temps désolantes pour leur pérennité avortée. Il est sans doute toujours mieux de tuer le poussin dans l'œuf.
Il me reste encore ce goût amer, alors que presque toutes les conditions sont réunies pour que la construction soit solide. Je suis face à ma solitude, comme tant d'autres, celle du cœur, celle de l'âme et celle du corps.
Je sais qu'un jour, je l'espère, le soleil brillera. Il fait encore trop noir ce soir pour le voir, j'attends que le même vent souffle les nuages pour le laisser briller.
"L'apparence n'est rien; c'est au fond du cœur qu'est la plaie"

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24 avril 2008

Jeff

Plusieurs mois se sont écoulés depuis mon dernier post, j'ai souvent eu l'envie d'écrire, remettant toujours au lendemain ce que je pouvais faire le jour-même. J'ai vécu des moments intenses, forts, qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire. Mais je ne parlerai pas ici de ces derniers mois,du moins, dans leur essence. Ce ne sont juste que quelques mots pour introduire mon discours actuel et les mots que je voulais écrire ce soir.
Fin d'année dernière, alors que j'étais dans un état d'esprit particulier, enclin à une nouvelle rencontre sérieuse avec l'envie de construire, après avoir décrit ici le jeu d'un coiffeur, faisant par la même occasion une infidélité ponctuelle à mon coiffeur en titre, je commençais une histoire profonde et passionnelle avec un garçon. Rencontre choc, imprévue, spontanée et très belle. Plongé dans quelque chose d'irrationnel, je me suis laissé emporter par les vagues, par le feu d'une certaine passion. Lui aussi. J'écris ici "passion", dans le sens le plus large du terme puisque cette passion s'est évanouie, par lui, il y a environ trois semaines. Nous étions allés très loin dans notre échange, notre construction. J'avais pris ma vie en main, croyant en l'avenir à deux, sûr de moi et de mes ressentis, réceptifs à ses requêtes et à ses nuances. Nous n'avons finalement pas avancé à la même vitesse et la césure a été inévitable, là encore, brutale, violente, douloureuse avec ce goût amer de l'échec, de l'envie d'abandon de soi.
Mais je me suis vite relevé, il le fallait, pour moi, pour nous. Pour vivre. Continuer. Avancer.
IL était encore trop présent pour que je puisse m'ouvrir à autre chose. J'ai donc repris mes anciennes habitudes, mes besoins de repères. Dont mon coiffeur, celui même à qui j'avais fait une infidélité. Nous correspondions trop bien pour que je puisse trop longtemps m'en éloigner. Quelque chose d'irrationnel encore se produisait. Un regard particulier. Un ressenti. Un autre toucher. Ses paroles. Son sourire. Et son regard qui ne me lâchait pas quand je m'éloignais du salon.
Car il m'avait fait comprendre qu'il espérait avoir une relation profonde et sincère, quelque chose d'un peu plus sérieux qu'une histoire éphémère, ce n'était d'ailleurs pas son genre, plusieurs fois nous en parlions et lui, connaissant ma vie personnelle et mon engagement d'amour, j'étais toujours clair, respectait cette vie, avec pureté, effacement et retenue.Mais dans ses déclarations, avec retenue, réserve et suffisamment d'assurance, il me faisait entendre que je serais bien celui avec qui il voulait s'engager, si les choses avaient été différentes. Il y avait cette complicité et cette communication non verbale qu'on avait pas besoin de se dire les mots pour les ressentir.
Quand ma séparation a eu lieu, il l'a su très vite. Il était désolé. Il semblait vraiment l'être. Spontanément il m'a proposé de l'appeler, vite, pour qu'on parle, qu'on avance, que sans doute à deux, les choses sont plus faciles à accepter et pourquoi pas, l'avenir peut être beaucoup plus beau encore.
Je l'ai croisé la semaine dernière, il est sorti dans la rue pour me saluer, toujours sa main sur mon épaule et sa bouche un plus longuement posée sur ma joue, comme un signe de proximité particulier, de complicité. Perturbé par mon présent à vivre, je lui dis que "oui", je l'appellerai. J'en avais aussi besoin. Je lui indique également qu'il faut qu'il reprenne ma tête en main, je me trouvais si moche. Il sourit, me prend le bras et me rassure en disant que je disais n'importe quoi mais qu'il m'attendait, sourire aux lèvres, regard profond. Mais j'ai repoussé. J'ai dû encore digérer mon présent pour me sentir complètement disposé et par peur d'un nouvel échec, je ne voulais rien précipiter, il le savait. Il respectait.
Depuis quelques jours, je pensais qu'il était en vacances, il n'était pas là quand je passais devant le salon et pourtant il fallait qu'il me refasse ma tête, j'en éprouvais le besoin. Et j'avais aussi envie, besoin, de le revoir, pour que nous puissions échanger à nouveau.
J'ai appelé le salon ce matin pour prendre rendez-vous ce soir. On me dit au téléphone qu'il ne serait pas là ce soir. Et on me propose un autre coiffeur. Dont acte, je ne peux pas attendre. Je ne me sentais pas très bien, sans raison apparente, un pressentiment.
Un de ses collègues qui me connait, vient vers moi et m'annonce.
Jeff est mort, son corps est enterré aujourd'hui même. Il est mort la semaine dernière, le lendemain après l'avoir vu. Rupture d'anévrisme.
Je ne réponds pas. Mon cœur ne comprend pas. Mon corps ne réagit pas tout de suite, encaissant un nouveau choc. Puis je comprends.
Un livre d'or est posé sur une table. Sa photo est discrètement posée à l'endroit où il coiffait. Ses collègues sont adorables avec moi. Je me fixe dans le miroir et je vois ses yeux à plusieurs moments. Puis ils disparaissent perdues dans les nuées de mes larmes qui coulent enfin. Et j'en veux à un moment à la vie. Injuste. Je me demande pourquoi?
Samedi dernier, je disais à un de mes meilleurs amis que j'avais le pressentiment que la mort rodait autour de moi et que j'allais apprendre des mauvaises nouvelles. Quelques jours plus tard, j'apprenais la disparition de la grand-mère de mon meilleur ami, effondré, terrassé par cette perte. Je sais à quel point il l'aimait. Je la connaissais pas procuration. Cette nouvelle m'a attristé parce qu'elle touchait un de mes proches.
Et aujourd'hui, on enterrait Jeff.
Mais je suis toujours là, spectateur et dans la douleur.
Je pense à toi ce soir. Le silence de ta perte crie mon chagrin. Ton âme est belle, qu'elle repose en Paix.
A jamais.

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24 octobre 2007

Au bout du chemin

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23 octobre 2007

La vie des autres

Chacun peut remarquer qu'il n'est pas toujours facile de s'échapper de son quotidien, de tenter de braver le risque, de respirer avec un souffle différent pour sentir autre chose. La vie n'a d'ordinaire que son ordinaire et nous sommes vite prisonniers de notre propre existence et de son contenu.

C'était en tout cas les constats que j'ai pu faire ces derniers jours, avec le sentiment amer qu'il est difficile de redonner un souffle agréable à une vie qu'on veut pourtant stable et pérenne. Mais heureusement, tout n'est pas qu'immobilisme et perte de goût, ce serait bien triste et des petites situations peuvent avoir lieu de-ci de-là pour redonner du piment aux heures qui passent. Celles vécues ce soir en sont la preuve vivante.
Il y a environ trois semaines, j'ai voulu changer de salon de coiffure, je ne suis pas très fidèle avec mes coiffeurs, ça me lasse vite. Habitué à fréquenter les salons plutôt gays et branchouilles, j'ai voulu pour une fois me retrancher vers un salon plus hétéro, même si cela peut paraitre contradictoire (cliché). Un des coiffeurs m'a donc pris en charge la dernière fois et j'avoue que le courant est passé plutôt bien et vite, avec une certaine aisance sans déplaire mon côté social.

Très vite, nous avons pu discuter de nos vies respectives, j'étais bien chez le coiffeur et il arrive très vite que les confidences personnelles se dévoilent sans tabou (ou presque). Il est vrai que nous ne connaissions pas mais quelque chose passait, nous plaisantions, il me racontait des anectodes avec des clients et moi j'écoutais, tantôt avec un commentaire, tantôt avec seulement un petit sourire complice tentant de démontrer que j'entendais ce qu'il me disait. En  fin communicant que je suis (sic), j'ai appris que les silences valent souvent mieux que la parole, le langage verbal étant un art difficile à maitriser. Lors d'une de la conversation, il comprit que je préférais quand même les garçons mais tint à me poser la question directe :"homo"? Oui. Les choses étaient claires et définies pour moi.
Lui m'avoua à son tour qu'il était ... hétéro, marié avec des enfants. Bref, une vie classique.
Et évidemment, le caractère inaccessible commença à attiser ma curiosité, mon fantasme. Tout homo qui se respecte aurait eu les mêmes pensées que moi. Ah oui, j'oubliais un point essentiel. Mon coiffeur est à tomber! C'est une bombe. Il a des yeux verts à faire chavirer la Calypso, un sourire laissant deviner une bouche magnifique, des fossettes lui conférant un visage candide avec la certitude de la maturité. Un passage fut assez difficile quand il m'avoua que pour lui, tous les hétéros sont un peu homos mais qu'ils n'osent pas se l'avouer parce qu'il faut faire mec. Que lui est amoureux de sa femme mais qu'il ne dit pas qu'un jour, il ne sera pas tenté même si la question ne se posait pas du tout actuellement. Je trouvais son analyse très intelligente et bien sûr accomodante. Mais le 6è sens que nous pouvons développer parfois me confirmait qu'il était à 100% hétéro mais séducteur et joueur, son besoin de plaire était présent et il ne s'en cachait pas trop. Je restais sous le charme en lui disant ... à plus tard.

Donc, pour en revenir à notre dernière aventure, j'ai retrouvé mon charmeur ce soir. Encore plus beau. Mais bien que je le trouve beau, mon esprit n'est pas disposé en ce moment à avoir envie d'un autre garçon.Convaincu comme je le pensais déjà depuis notre première entrevue de sa sexualité et de ses moeurs, je vois toujours en lui le garçon aimant jouer un double-jeu tout en préférant clairement les femmes. C'est une évidence. Mais en même temps, il y a une certaine ambivalence qu'il tend à développer mais pour quelle raison ?
Quel est son but ai-je pensé à un moment? D'autant que certaines attaques m'ont un peu plus surprises, et pourtant, je ne suis pas du genre à me laisser destabiliser par la séduction. Entre gays, c'est souvent très clair même quand ça ne veut pas l'être. Mais là, j'avoue que je suis plutôt sur un terrain que je ne connais pas bien. Car certaines remarques m'ont fait ... tanguer, doucement mais quand même.
Que puis-je penser quand il me déclare que je suis un super beau mec (selon ses propres termes) et moi répondant que "non, aps du tout" car très honnêtement c'est vraiment ce que je pense et lui renchérissant que si, et en plus avec cette petite mèche grise, c'est encore plus séduisant! Boum, au moins, il a remarqué que j'avais quelques cheveux gris (pour ne pas dire blancs). Je n'ai pu que, pour une fois gêné, répondre que lui était un beau mec, vraiment. Je l'ai alors senti gêné mais touché. Il me demande alors si c'est vrai et moi ne pouvant que confirmer car une fois de plus c'est vraiment ce que je pense. Je lui dis avec une toute franchise que ses yeux sont à mourir et que son sourire hyper charmeur mais que je sais qu'il le sait. Il semble à nouveau un peu gêné mais j'ai l'impression touché.

D'autres situations m'ont fait réfléchir (un peu) ou plutôt m'interroger. Quand il n'entendait pas trop ce que je disais, il s'approche de moi, la tête au niveau de la mienne, une proximité particulière a eu lieu en quelques secondes. Et je suis sûr que ce n'était pas au hasard. Je pense avoir senti à plusieurs reprises une volonté de séduction et de charmer très présente, notamment au moment il devait me regarder en face mais pas dans le miroir, pour donner un coup d'oeil à sa coupe. Il me tourne la tête vers lui et fixe ... mes cheveux. Et moi ... ses yeux. Il le sent. Me fixe une seconde, peut-être deux, sourit et me dis ... "arrête de me regarder comme ça, je vais craquer". Plus tard, il me dit encore que je suis vraiment un super beau mec (mais pourquoi insiste-t-il autant ?) et que pour lui, rien ne vaut une relation avec quelqu'un d'un peu plus âgé, avec de l'expérience. Même si cela aurait pu me mettre un coup (au sens figuré), je pris cette remarque comme un point plutôt positif.
Enfin, et alors que cette coupe était presque terminée, il me dit doucement pas loin de mon oreille pour que les autres clients n'entendent pas : "arrête, tu vas me faire avoir un orgasme" ... wawww!!
Sachant que quelques minutes plus tôt, il se lançait dans une approche un peu plus triviale mais qui m'interpellait quand même :" je vais le dire sans doute un peu vulgairement mais je suis sûr que toi, t'es un super bon coup".

Voilà, je crois que tout est dit. J'avoue qu'en repassant la bobine à l'envers, je me demande s'il ne m'a pas un peu dragué et cela faisait longtemps en tout que je ne l'avais vécu ainsi. Dire que ce n'est pas agréable serait bien évidemment mentir mais ce qui me déstabilise, c'est que cette séduction est toute nouvelle pour moi,ce n'est pas une séduction d'homo, pas du tout. Il semble vouloir faire comme avec une femme, enfin, je crois. Sachant que nous sommes tous les deux des garçons. Je pense qu'il va falloir que je laisse tout cela décanter mais bon, je pense que je n'aurais pas dû les faire couper aussi courts ces cheveux, je vais devoir attendre plus longtemps sauf si je fais comme il l'a dit à un moment, de passer comme ça pour me raconter une partie de ma vie. Mais ça je n'oserai jamais.
Ah là là, quand je disais que l'ordinaire ne l'est pas toujours.

Mais je ne sais toujours pas ce qu'il veut vraiment même si quand on dit à quelqu'un "tu n'peux même pas imaginer ce que je fais avec ma bouche", dans la bouche d'un homo, ça parle mais de lui ? Franchement, et toutes les dindes vont penser que je joue les naïfs alors que je jure que je n'ai pas encore compris et que selon moi, il ne fait que se prouver qu'il peut séduire, même un homo. Un jeu.Voilà.Un jeu.
Alors ...jouons!

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20 octobre 2007

Sortie par la terrasse

DSC03013Lors de la nuit blanche à Paris, je suis allé me promener dans le centre Pompidou, c'était gratuit et comme beaucoup étaient encore devant le match de rugby, le musée était presque vide. Au 6è étage, j'ai apprécié la vue de Paris by night, me posant et laissant aller mes pensées. Le lendemain, je suis retourné dans le musée, c'était encore gratuit comme tous les premiers dimanches de chaque mois (pour les musées nationaux) mais cette fois-ci avec mon appareil photo. J'ai cadré cette photo parce qu'elle me parlait. Je la trouve assez riche par ce qu'elle représente. Chacun peut en faire sa propre lecture que ce soit par les statues, les éléments qui la composent, les visiteurs dans le satellite, la Tour Eiffel, symbole de la Capitale, l'ombre et la lumière ... et ce message, indicatif par son essence.
J'aimerais sortir de ce que je vis parfois, sortir, partir, bouger, construire et me sentir autre. Une terrasse, c'est l'air, le vent, la lumière, c'est tout ce qui n'est pas fermé, ce qui peut nous aider à contempler le beau, à profiter d'une chaleur, à sentir la vie autour de nous. Ce que la photographie reproduit à l'infini n'a lieu qu'une fois.

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19 octobre 2007

Un train peut en cacher un autre

Je n'aborderai pas le fond de la discorde sociale du moment, me réservant pour une fois le droit de ne pas apporter de jugement aux diverses revendications. Mais d'un événement vécu ce matin en périphérie du mouvement social annoncé. Comme tous les matins, je pars de chez moi en 2 roues et ne prends pas plus de précautions pour partir plus tôt. Hier, journée plutôt fluide pour l'aller, un peu plus rock'n'roll le soir pour rentrer mais supportable. Automobilistes néanmoins très excités, surtout aux carrefours problématiques. Notamment cette dame assez bourgeoise, peu contente d'avoir failli arracher la porte de quelqu'un qui descendait de sa voiture garée, lui criant alors "cela vous dérangerait la politesse?". Le "piéton" semblait alors la narguer, ce qu'elle a encore moins apprécié et à attiser sa colère. J'ai cru à un moment assisté à une rixe, avec un manteau de fourrure et des ongles longs comme ceux de la fée carabosse (pas moi mais la bourgeoise). Encore plus en colère, tout en parlant vitre baissée, elle recule ... ne regarde évidemment pas dans son rétroviseur, percute le parechoc avant de la voiture de derrière ... klaxon de la voiture de derrière ... conductrice en colère qui n'entend rien et fait comme si de rien. Le piéton poursuit son chemin. Je vois alors notre conductrice très en colère et piquer une marche arrière sur une voie en sens unique. Grandiose non ?! Je m'étais arrêté un peu pour assister à la scène, ça détend. J'ai continué mon chemin, un peu halluciné de ce que je venais de vivre. Bref, ce n'est pas vraiment de cela que je voulais parler aujourd'hui. Je reprends donc. Je pars de chez moi. Dès la Rue Barbusse, sur Clichy, je constate une voie complètement bloquée. Etrange. Seule solution pour moi alors, jouer un peu les kamikazes. C'était ça où je restais bloqué sur place et ça ne me disait que très moyen. Je passe à droite, à gauche. Je prends la première rue à gauche qui d'ordinaire et déserte, là, boquée. Finalement, je double tout le monde et tente de passer ... ça passe. J'arrive le long du périphérique. Bouché! je prends la voie en sens opposée et en sens interdit évidemment. Personne en face de moi. Je continue. Puis je coupe un passage piéton. Je prends le trottoir. Personne! J'arrive enfin porte d'Asnières. Là, blocage total. Les automobilites d'ailleurs moteur éteint et hors de leur véhicule attendant que le trafic veuille bien se débloquer. Toujours avec la même détermination, je passe enfin je force le passage, je demande à un véhicule de reculer légèrement pour que je puisse m'introduire entre les deux et passer ... ça passe! J'arrive au feu et là ... bloqué! Des agents de circulation, des policiers, des CRS. Je pense donc qu'ils ont sorti le grand jeu pour réguler le trafic. Je pense donc qu'arrivera bien mon tour. J'ai de la chance, je suis premier au feu (enfin j'ai fait tout pour l'être aussi). Les minutes passent et les forces de l'ordre n'ouvrent toujours pas la circulation alors que c'est désert en face, vers l'avenue de Wagram. Bizarre. Les klaxons commencent à fuser de partout. Les gens hurlent par les fenêtres. Je souris car j'attends, je n'ai rien d'autre à faire qu'attendre et regarder le spectacle qui s'offre à moi. Au bout d'une dizaine de minutes, je trouve cela étrange, je constate d'ailleurs que la sortie vers la porte d'Asnières du périphérique est fermée par un cordon de policiers et une des voies du périphérique est également fermée. Etrange stratégie de gestion du flux automobile en cette période de grève. Finalement, les policiers s'agitent après que des voix sortent de leur talkie-walkie, mais n'ouvrent toujours pas le chemin. Des motards de police arrivent, sirènes hurlantes. Et là je me dis que non, ce n'est pas possible, ce n'est quand même pas notre président celibataire qui a fait bloqué la route pour passer sans problème, le désespoir et le chagrin amoureux lui fait perdre raison ? Et je vois un cortège officiel avec des voitures banalisées vitres fumées, plaques diplomatiques, avec un encadrement policier important, s'approcher de nous, sous les sifflets des automobilites à bout, tous les klaxons appuyés, les bras des motards levés montrant les pouces à l'envers ... le cortège file vers le périphérique sur une ligne d'eau réservée et capitonnée. Quelques secondes plus tard, le policier s'écarte et me dis OK d'un signe de la tête. Je suis le premier, je suis content d'avoir ma petite mobylette nerveuse. Tous les feux sont orange clignotants [ndlr: on n'accorde pas les couleur issues d'un nom propre comme orange, marron ...] , les CRS sont toujours là, je suis suivi par 30 motos et scooters, les voitures sont encore loin derrrière, l'avenue Wagram est à moi. Sur mon trajet, je vois les policiers qui se replient, le cortège est passé. Comme quoi, et c'est de circonstance, un train peut toujours en cacher un autre. Même si depuis hier, ils chauffent un peu moins le fer de leurs rails. Pour laisser un peu plus de place aux railleries. Les rails ne rient pas en ce moment on dirait.

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06 octobre 2007

Pensées d'automne

La vieillesse n'ôte à l'homme d'esprit que des qualités inutiles à la sagesse. Il semble que, pour certaines productions de l'esprit, l'hiver du corps soit l'automne de l'âme. Je laisse à chacun l'interprétation de ces pensées. Les richesses de la poésie et de la philosophie sont de donner le pouvoir à chaque lecteur la liberté d'entendre ses propres résonnances à sa lecture. Prendre son temps pour méditer. Prendre le temps de regarder. Sentir.
Hier soir, après une semaine de travail, avant de regagner mon intimité, je suis allé faire quelques pas dans le jardin des Tuileries. Quelques temps avant sa fermeture, il y était presque désert. En marchant sous les arbres qui perdent à grands pas leurs feuilles, j'ai ressenti l'odeur de l'automne, des feuilles mortes, étalées sur le sol au gré du vent, formant un tapis ôcre et rougeâtre. Deux sièges émergés du sol laissaient au promeneur l'imagination de la rencontre, leur disposition légèrement de face invitaient à un échange romantique, silencieux, tamisé. Le silence était impressionnant dans cet espace apaisant. Assis sur un banc, j'ai contemplé l'automne qui s'installe. La nuit s'installait elle aussi en ces lieux, j'ai senti alors un souffle étrange, témoignage de liberté et de jouissance du temps. Seul, j'ai regardé autour. L'air était doux, les odeurs intensent, le bruit feutré, les couleurs soutenues de contrastes nets et purs. J'ai pris conscience alors de la nécessité des sens pour ressentir les plaisirs qu'offrent la nature, celle dans son essence pure, et l'autre, humaine.
L'automne est un andante mélancolique et gracieux qui prépare admirablement le solennel adagui de l'hiver.
 

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05 octobre 2007

L'écriture

Un nouveau blog est né. Celui d'un de mes meilleurs amis, faisant partie de la famille. Ah oui, ce que j'appelle la famille, c'est le groupe des 7 que nous formons, mes amis et moi. Nous nous sommes tous donnés un petit nom affectif, pour se reconnaître dans cette jungle, là où la société nous force à être perdus dans la masse, et bien nous, nous nous efforçons de nous personnaliser toujours un peu plus. Avoir plusieurs identités, c'est avoir plusieurs vies peut-être ? Sans doute. On joue tous un personnage quand les lumières s'allument, quand le jour se lève. La nuit, c'est différent. Un autre contexte. Donc je ne parle pas trop dans ce post des différents membres de cette famille, ce sera distillé progressivement, et puis pour les lecteurs curieux, des liens sont faits entre nous dans les différents blogs.
J'ai syndiqué 2 sites déjà dans la page d'accueil de ce blog personnel : Toon et Zep.
J'ajoute le dernier né. "Klam & Co raconte sa vie ... et celle des autres" est né cette semaine. Un talent.
Pratiquer l'écriture, c'est pratiquer sur sa vie une ouvertire par laquelle la vie se fera texte.

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26 septembre 2007

Quelle vie de merde!

Tout est dans le titre.

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22 septembre 2007

Instants présents

J'aime beaucoup décrire les instants présents, ce que je peux vivre en temps réel, mes impressions, mes ressentis. L'intérêt de ce blog aussi est de pouvoir écrire presque en temps réel les épisodes successifs d'une existence somme toute banale mais particulière à ses propres yeux.
C'est peut-être parce que je ne suis pas très à l'aise dans mes chaussures justement que je tente d'essayer plusiers modèles avant de trouver la bonne (@toon ;) ), quant aux magasins, je fais ce que je peux. Certains sont ouverts le dimanche, c'est plutôt pratique et en plus je ne fais pas partie des gens qui revendiquent le repose dominical le dimanche (pléonasme), suis assez open sur ce sujet. Je suis jamais encore tombé amoureux d'un vendeur, heureusement. Je ne dis pas non plus que je n'ai jamais essayé un vendeur! Et puis à écrire tout cela, j'ai peur encore qu'on me qualifie de salope, de gueuse ou de Reine. Alors que je suis tout le contraire, j'aime les plaisirs mais je tends maintenant à en profiter avec celui qui saura me les donner et réciproquement.
Et puis surtout, j'en ai un peu assez de parler toujours de ce sujet; donc à partir de maintenant, c'est fini, je n'en parlerai plus. Sauf s'il s'agit du Grand Amour. Mais bon, je suis très bien tout seul, non ?

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